Je me souviens encore de ce moment précis où j’ai garé la voiture sur le bord de la route, coupé le moteur et simplement regardé. Devant moi, les Highlands s’étiraient à perte de vue, verts, sauvages, silencieux. Ce road trip Écosse 15 jours a été l’un de ces voyages qui vous refont. Pas juste vous ressourcent — vous refont. Si vous cherchez un itinéraire concret, testé, avec des vraies infos de terrain, vous êtes au bon endroit.
Pourquoi choisir un road trip de 15 jours en Écosse ?
Une immersion totale entre nature sauvage et patrimoine écossais
L’Écosse ne se visite pas, elle se vit. Quinze jours, c’est ce qu’il faut pour vraiment entrer dans le pays — comprendre ses lumières, ses silences, ses paysages qui changent toutes les dix minutes au volant. Entre châteaux en ruines, lochs noirs de mystère et landes violettes à l’automne, on touche quelque chose de profond. C’est un voyage qui laisse des traces.
Un équilibre idéal entre temps de route et découvertes
En deux semaines, on peut relier Édimbourg, les Highlands, l’île de Skye et la mythique North Coast 500 sans jamais avoir l’impression de courir. J’ai organisé mes étapes pour ne jamais dépasser deux heures de route dans la journée — sauf exceptions. Cela laisse du temps pour les arrêts impromptus, et croyez-moi, en Écosse, c’est souvent là que les meilleurs souvenirs se nichent.
Itinéraire détaillé d’un road trip en Écosse sur 15 jours
Jours 1-2 : Édimbourg et les Scottish Borders
Visiter Édimbourg : château, Royal Mile et musées
Édimbourg m’a happée dès la sortie de l’aéroport. La ville est dense, chargée d’histoire, un peu théâtrale. Le château d’Édimbourg (entrée autour de 18 £) domine tout depuis son rocher volcanique. Le Royal Mile, la Camera Obscura et le Musée national d’Écosse (gratuit, celui-là) composent une première journée bien remplie. Le soir, un pub du quartier de Grassmarket pour un verre de bière locale, et on est dans le bain écossais.
Premiers châteaux et abbayes avant les Highlands
Le deuxième jour, je me suis éloignée vers les Scottish Borders avant de remonter vers le nord. Les abbayes de Melrose et Jedburgh valent le détour — ce sont des ruines romantiques à souhait, souvent désertées des touristes. Comptez environ 8 £ l’entrée par site. Le paysage des Borders, vallonné et doux, tranche avec les Highlands qui arriveront plus tard : c’est une belle mise en bouche.
Jour 3 : Stirling et les Trossachs
Stirling Castle et sites historiques
Stirling, c’est Édimbourg en moins fréquenté — et j’ai adoré ça. Le château (entrée autour de 16 £) offre une vue à 360° sur la plaine et les premiers reliefs des Highlands. Juste à côté, le Monument Wallace rappelle l’histoire tumultueuse de l’Écosse avec une sincérité qui touche. Prévoir deux à trois heures sur place pour ne rien rater.
Loch Lomond et premières randonnées
L’après-midi, direction le Loch Lomond et le Trossachs National Park. C’est ici que j’ai eu ma première claque de nature écossaise — un lac immense, des reflets gris-bleu, des collines boisées tout autour. La randonnée jusqu’au Ben A’an (environ 3h aller-retour) offre un panorama qui donne envie de ne jamais redescendre. Accès gratuit, parking payant à environ 3-4 £.
Jours 4-5 : Glencoe et Fort William
Vallée de Glencoe et Three Sisters
Glencoe, c’est le moment où j’ai compris pourquoi tout le monde perd la tête pour l’Écosse. La vallée arrive d’un coup, massive, sombre, presque menaçante par temps couvert. Les Three Sisters — trois épaulements rocheux qui plongent vers la route — sont à couper le souffle. La balade jusqu’au Signal Rock dure environ deux heures et reste accessible même sans être une grande randonneuse. Entrée gratuite, parking à 3 £ environ.
Train Jacobite et viaduc de Glenfinnan
Le viaduc de Glenfinnan, c’est le pont de Harry Potter, oui — mais même sans être fan de la saga, l’endroit est fascinant. J’y suis arrivée tôt le matin avant l’afflux de cars de touristes, et j’ai eu le panorama pour moi seule. Le train Jacobite relie Fort William à Mallaig (environ 35 £ l’aller), une expérience unique à réserver bien en avance car les places partent vite, surtout en été.
Jours 6-7 : Île de Skye
Old Man of Storr, Quiraing et Fairy Pools
L’île de Skye, j’avais l’impression de la connaître à force d’en avoir vu des photos. Et pourtant, rien ne prépare vraiment à la réalité. L’Old Man of Storr (environ 1h30 de marche aller-retour) m’a laissée sans voix. Le Quiraing, lui, est encore plus sauvage — un labyrinthe de rochers et de falaises vertigineuses. Les Fairy Pools se méritent avec une marche de 45 minutes depuis le parking (payant, environ 3 £) : les bassins turquoise au pied des Black Cuillins sont d’une beauté irréelle.
Dunvegan Castle et Neist Point
Dunvegan Castle (entrée autour de 14 £) est le plus ancien château d’Écosse encore habité — on y entre avec la sensation étrange d’être chez quelqu’un. Neist Point, lui, c’est le bout du monde façon Skye. J’y suis allée au coucher du soleil, et j’ai pleuré un peu. La marche jusqu’au phare dure environ 40 minutes aller-retour, sur un chemin parfois boueux : prévoir des chaussures imperméables.
Jours 8-10 : North Coast 500 (côte nord et ouest)
Dunnet Head, plages sauvages et falaises
La North Coast 500 — ou NC500 — est une boucle de 830 km qui part et revient à Inverness en longeant les côtes nord et ouest des Highlands. J’ai choisi de partir vers l’ouest d’abord. Dunnet Head est le point le plus au nord de la Grande-Bretagne continentale, et le vent y souffle comme pour rappeler qu’on est à l’extrémité de quelque chose. Les plages de Durness aux eaux turquoise semblent sorties des Caraïbes — sauf que l’eau est à 12 degrés. Magique quand même.
Lochinver, Assynt et routes panoramiques mythiques
La région d’Assynt est probablement mon coup de cœur absolu du voyage. Les montagnes isolées — Suilven, Stac Pollaidh — surgissent de nulle part sur une lande rase et noire. Lochinver est un petit port de pêche où j’ai mangé le meilleur pie au poisson de ma vie pour moins de 8 £. La route entre Kylesku et Ullapool est l’une des plus belles que j’aie jamais conduites : sinueuse, étroite, ponctuée de lochans qui brillent au soleil.
Jours 11-12 : Cairngorms National Park et route du whisky
Randonnées, lochs et faune sauvage
Le Cairngorms, c’est un autre visage de l’Écosse — plus austère, plus minéral. C’est le plus grand parc national de Grande-Bretagne, et il abrite des espèces qu’on ne voit nulle part ailleurs sur l’île : rennes, aigles royaux, chats sauvages. J’ai fait la randonnée jusqu’au Loch an Eilein (environ 5 km, facile) et croisé un héron immobile comme une statue. Le parc est gratuit d’accès, avec des parkings à 2-3 £ environ selon les points de départ.
Visite de distilleries dans le Speyside
La Speyside Valley concentre plus de distilleries au kilomètre carré que n’importe quelle autre région au monde. J’ai visité la distillerie Glenfiddich (entrée gratuite pour la visite de base, dégustations payantes à partir de 10 £), et franchement, même sans être fan de whisky au départ, l’expérience est captivante. L’odeur du malt, les cuves en cuivre, l’histoire familiale derrière chaque bouteille — c’est un voyage dans le voyage.
Jours 13-14 : Loch Ness et Inverness
Château d’Urquhart et croisière sur le loch
Le Loch Ness, oui, avec son monstre et ses tonnes de touristes. Mais le château d’Urquhart (entrée environ 10 £), en ruines sur la rive, mérite vraiment la visite — surtout tôt le matin quand il est encore presque vide. J’ai pris une petite croisière d’une heure sur le loch (environ 15 £) : les eaux sont si noires et profondes qu’on comprend d’où vient la légende. Nessie, je ne l’ai pas vue, mais j’ai bien regardé.
Culloden et histoire des Highlands
Le champ de bataille de Culloden, à quelques kilomètres d’Inverness, m’a profondément remuée. C’est là qu’en 1746 a été brisé le clan system écossais, lors d’une bataille qui a duré moins d’une heure. Le centre d’interprétation (environ 13 £) est remarquablement bien fait. On repart de là avec une compréhension différente de l’âme écossaise — cette mélancolie douce-amère qui traverse toute leur culture.
Jour 15 : Retour vers Édimbourg via Pitlochry
Derniers panoramas et villages typiques
Le dernier jour, j’ai pris la route du sud par l’A9, en m’arrêtant à Pitlochry. Ce village de carte postale, niché dans les collines du Perthshire, regorge de petites distilleries, de boutiques de tartans et de cafés où s’attarder. La passe à saumons sur la rivière Tummel est une curiosité gratuite et attachante. Puis Edinburgh City Bypass, l’aéroport — et la nostalgie qui s’installe déjà dans la voiture.
Carte et distance : combien de kilomètres prévoir ?
Environ 1 500 à 2 000 km selon les détours
Sur cet itinéraire de 15 jours, j’ai parcouru environ 1 700 km au total. La North Coast 500 à elle seule fait 830 km en boucle depuis Inverness — mais on en parcourt rarement la totalité dans le cadre d’un circuit plus large. Comptez 1 500 km minimum pour l’itinéraire de base, et facilement 2 000 km si vous ajoutez des détours vers des plages perdues ou des cols de montagne.
Temps de conduite moyen par jour
Sur les routes écossaises, surtout au nord, la distance ne veut pas dire grand chose. Une heure de conduite peut ne couvrir que 40 km sur une single track road parsemée de passing places. Je planifiais maximum 1h30 à 2h de conduite effective par jour — ce qui laisse tout le reste du temps pour s’arrêter, marcher, photographier, ou juste contempler depuis le bord de route.
Quand partir pour un road trip de 15 jours en Écosse ?
Avantages de l’été (juin à septembre)
Juin à septembre, c’est la haute saison, et pour de bonnes raisons. Les jours sont immenses — en juin, le soleil se couche après 22h dans les Highlands, ce qui offre des lumières de rêve pour photographier. Les routes sont accessibles, les hébergements ouverts, les ferries qui desservent les îles tournent à plein régime. C’est clairement la meilleure période pour un premier road trip en Écosse.
Floraison des bruyères et météo
Mi-août à mi-septembre, les landes se teintent de violet — la bruyère est en fleur et ça transforme complètement les paysages. J’y suis allée début septembre et c’était parfait. La météo reste capricieuse toute l’année : prévoyez des couches superposées, un bon imperméable et acceptez que le brouillard fait partie du charme écossais. Une journée grise peut devenir sublime en 20 minutes.
Inconvénients : prix, affluence et midges
En haute saison, les prix grimpent sensiblement — les hébergements sur Skye et le long de la NC500 se réservent des mois à l’avance. Et puis il y a les midges : ces minuscules moucherons qui pullulent de mai à septembre, particulièrement au crépuscule et par temps humide. Ils ne sont pas dangereux mais franchement épuisants.
- Emporter un répulsif à base de Saltidin ou du DEET (les sprays « Smidge » ou « Avon Skin So Soft » sont très utilisés localement)
- Éviter les zones humides et boisées à l’aube et au crépuscule
- Prévoir un filet moustique si vous dormez en van ou sous tente
Budget pour un road trip en Écosse de 15 jours
Location de voiture et assurance
La voiture est indispensable pour ce type d’itinéraire — les transports en commun ne couvrent tout simplement pas les zones reculées. Comptez entre 400 et 600 £ pour deux semaines en haute saison (environ 470-700 €), selon le gabarit du véhicule et le loueur choisi. Arnold Clark est souvent recommandé pour ses tarifs et son service — je confirme. Prenez l’assurance tous risques sans franchise, les routes étroites pardonnent peu.
Hébergements (B&B, hôtels, glamping, van)
L’hébergement est le poste qui varie le plus selon vos attentes. Un B&B correct coûte entre 80 et 150 £ la nuit pour une chambre double — les options les moins chères demandent d’anticiper. Le glamping est une expérience en soi : des cabanes ou dômes souvent bien équipés, à partir de 80-100 £ la nuit. Louer un campervan reste une solution très prisée pour allier liberté et logement, avec des tarifs autour de 100-150 £ par jour en été.
Repas, activités et pass Historic Scotland
La gastronomie écossaise ne justifie pas de se ruiner au restaurant tous les soirs — les pubs font d’excellents plats pour 12-18 £, et les supermarchés (Lidl, Co-op) permettent de faire de bons pique-niques. Le pass Historic Environment Scotland (environ 60-70 £ par personne) couvre l’entrée d’une quarantaine de sites dont le château d’Édimbourg, Stirling et Urquhart — il s’amortit vite sur 15 jours.
| Poste de dépense | Budget économique (par personne) | Budget confort (par personne) |
|---|---|---|
| Vol aller-retour (depuis Paris) | 80 – 150 € | 150 – 300 € |
| Location de voiture (15 j., partagée à 2) | 220 – 280 € | 300 – 400 € |
| Essence (environ 1 500-1 700 km) | 80 – 110 € | 110 – 130 € |
| Hébergement (15 nuits, par personne) | 500 – 700 € | 900 – 1 400 € |
| Repas (pique-niques + quelques restos) | 250 – 350 € | 400 – 600 € |
| Activités et entrées (pass inclus) | 100 – 150 € | 200 – 300 € |
| Total estimé par personne | 1 250 – 1 750 € | 2 100 – 3 100 € |
Conseils pratiques pour réussir votre road trip en Écosse
Conduite à gauche et routes à voie unique (passing places)
Conduire à gauche fait peur avant de partir — et puis on s’y fait en quelques heures. Ce qui surprend davantage, ce sont les single track roads : des routes à une voie où deux voitures ne peuvent pas se croiser, et où des petits panneaux indiquent les passing places pour se ranger. La règle non écrite est simple : céder le passage avec le sourire, ne jamais s’arrêter sur une passing place et ne pas coller la voiture devant soi.
Réserver à l’avance : Skye et Highlands
Je ne peux pas assez insister là-dessus. En été, Skye est saturée. Les hébergements, les parkings des sites majeurs, même les restaurants populaires — tout se réserve. J’ai réservé mes logements trois mois à l’avance et certaines dates étaient déjà complètes.
- Skye : réserver 3 à 4 mois avant en haute saison
- Train Jacobite : réserver dès l’ouverture des réservations (souvent 6 mois avant)
- Camping et glamping sur la NC500 : 2 à 3 mois minimum
- Faire le plein d’essence dès que le réservoir est à moitié — les stations sont rares dans le nord
Gérer les midges et la météo changeante
L’Écosse a une météo à elle — imprévisible, rapide, théâtrale. J’ai vécu quatre saisons dans la même journée à Skye, et c’était l’une des plus belles journées du voyage. La pluie ne doit pas vous arrêter : les paysages sous les nuages et dans le brouillard ont une poésie particulière. Emportez toujours un imperméable dans votre sac, même en plein soleil, et des chaussures imperméables pour les sentiers de randonnée. Et le répulsif anti-midges, surtout si vous allez dans les Highlands entre mai et septembre — c’est vraiment non négociable.







